Grand Président ou Président dans un grand club ? Al-Khelaifi s’en remet à Unai Emery

NEK

Arrivé à la tête du PSG version QSI en 2011, le Président Nasser Al Khelaifi se rapproche à grands pas d’une échéance, dont les résultats permettront de répondre à une question que de nombreuses audiences se posent : Est-il lui-même à la hauteur de ses grandes ambitions ?

Cette échéance résulte en une récente et attendue prise de décision, qui engagera l’avenir de son club, ni plus ni moins.

Comme un match retour en quart de finale de ligue des champions, le dirigeant parisien n’aura pas le droit à l’erreur et saura où se situer parmi ses homologues Européens. Président dans un grand club, ou grand Président tout simplement.

Maintenir Laurent Blanc au poste d’entraineur ou s’en séparer ? Garder l’homme aux quasi 100% de succès sur la scène nationale et 2 quarts de finales de C1 obtenus ou tenter une autre carte ? Le Président Nasser a donc fait le choix du changement en recrutant le brillant coach du champion d’Europe FC Séville, Unai Emery.

La décision, pas simple au regard du travail accompli par le désormais ex entraineur du PSG, mais aura le mérite de trancher sur la valeur réelle du patron Nasser. Car, que demande- t-on à un capitaine d’industrie si ce n’est la bonne gestion de son entreprise, l’efficacité de son management, et savoir trancher à bon escient ?

Le troisième point est désormais entendu avec le « choix Emery ». Pour les deux premiers, voici quelques éléments d’analyse nourris comme toujours, par l’écoute attentive des « pour » et de « contre » puis posés ici par la voix de convictions personnelles. Les Audiences Consolidées.

POSSEDER L’ARGENT EST UNE CHOSE, SAVOIR LE DÉPENSER EN EST UNE AUTRE

Souvent critiqué pour son énorme budget et le rapport de force qu’il impose à ses concurrents de ligue 1, le PSG n’a pour autant pas fait dans le superflus en matière d’achats, et su éviter, la plupart du temps, les erreurs de casting.

Dans un marché du football où prospèrent les sommes indécentes, et plus encore pour ceux qui ne seraient pas rompus aux ressorts du sport business, le Paris SG aura sans conteste été contraint de surpayer certains transferts, et certains salaires.

Mais comment pouvait-il en être autrement ? Et oui, Comment ?

Comment ne pas assumer une étiquette de riche aux poches pleines lorsque l’axe de communication revendiqué pour le lancement d’un PSG 2.0 n’est autre que « Rêvons plus grand » qui, en double lecture, pourrait ressembler à « Ne rien s’interdire, ni l’ambition, ni les moyens d’y parvenir ».

Comment parvenir à convaincre les puissants Chelsea et Manchester United de céder les stars David Luiz et Angel Di Maria à un futur grand rival sans argument financier ? 49.5M€ pour le premier, 63 pour le second. A ce prix-là, on se sentirait presque obligé…

Même sentence pour les structures moins ambitieuses. Lorsque les clubs de Palerme ou Naples ont eu à céder les perles Pastore (42M€) et Cavani (64M€) au nouveau riche de la planète football, la sonnerie du téléphone de Léonardo, alors directeur sportif et recruteur en chef, devait raisonner plus sucrée que s’il s’était s’agit de celle d’un autre dirigeant du top 20 européen. Sûr que le coût du transfert de la pépite Marco Verrati eut été moins onéreux et plus proche de la réelle valeur du joueur, alors pensionnaire de la seconde division italienne, dans la seconde hypothèse.

Ce serait comme vouloir sortir vainqueur d’une négociation au marché des 4 chemins d’Aubervilliers en arrivant avec le prix d’un appartement accroché au poignet. Compliqué.

Arrive ensuite la question des joueurs. A moins d’un voyage à travers le temps et d’un retour à une époque où les clubs Français atteignaient chaque année les demi-finales Européennes, l’intérêt pour la ligue 1 de la part d’un joueur calibré pour la course au ballon d’or est nul. Même pas infime.

La possibilité de rejoindre un club taillé pour remporter la C1 comme l’est désormais le Paris Saint Germain est certes un levier permettant d’engager une discussion, mais pas plus. Aucun acte d’adhésion ne découlera de cet argument, aussi excitant soit-il. Le nombre de zéro à faire figurer sur la ligne salaire d’un futur contrat est en revanche un outil de persuasion massive. S’agissant ici de l’unique argument pour faire pencher la balance, autant ne pas le griller. Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva (23 M annuels chacun) ne me contredirons pas.

RETOUR SUR INVESTISSEMENT 

Et il s’agit bien ici d’un premier succès attribuable au président Al Khelaifi qui, néophyte à son arrivée en 201,1 a su s’entourer d’un expert et ancienne icône du Parc des Princes (Léonardo) pour lui dénicher les joueurs capables de briller sur la scène nationale et marquer leur territoire à échelle Européenne.

Une fois l’ossature de l’équipe construite et le blocage du fair-play financier réglé, le PSG parvint, malgré le départ de son directeur sportif, à renforcer son équipe année après année, en intégrant à son effectif une star censée élever le niveau du club et l’aider à se rapprocher de ses ambitions en Champions league.

Excepté le naufrage en quart de finale cette saison, ce fut chose faite avec une montée en puissance permanente du groupe en C1, confirmée par la double élimination du poids lourd Chelsea, et quelques matchs à haute intensité face au FC Barcelone et au Real Madrid notamment.

LA QUESTION DU MANAGEMENT

«Le meilleur manager est celui qui sait trouver les talents pour faire les choses, et qui sait aussi réfréner son envie de s’en mêler pendant qu’ils les font» disait Théodore Roosevelt.

Tout commença comme dans un rêve, le club parisien était parvenu à attirer sur son banc l’un des plus prestigieux entraineurs au monde en la personne de Carlo Ancelotti, multiple vainqueur de la ligue des champions, d’abord comme joueur, puis comme entraineur.

Un choix judicieux et stratégique qui permettait d’emblée de crédibiliser le projet QSI aux yeux des experts. Quoi de mieux qu’une icône du football pour en diriger d’autres ? Parfait et en phase totale avec la première partie de la citation de l’ancien président Américain.

Mais l’aventure n’ira pas au-delà d’une saison et demie lorsqu’au soir d’une défaite contre la modeste équipe de Reims, le « Mister » pris la décision de quitter le club malgré le gain du premier titre de champion de France du PSG version Qatar.

La raison de ce départ ? «  Je me sentais bien à Paris. (… )je suis parti, car le projet initial avait changé et que c’était devenu juste un problème de résultats. En février, je leur avais dit que j’allais partir. Je sentais que les dirigeants avaient un peu perdu confiance en mon travail, et je l’avais déjà ressenti en décembre. ». CA.

Arrivé au Paris Saint Germain pour construire dans la durée le parcours d’un futur lauréat au sacre Européen, le coach Italien se sera vu reprocher à plusieurs reprises des petits « incidents de parcours » dont la défaite en terre Rémoise. « Réfréner son envie de s’en mêler pendant que les talents font les choses… ».

UN HOMME AVERTI EN VAUT DEUX

Une fois le départ de Carlo Ancelotti assimilé, le Président Nasser se mit en quête d’un nouveau patron pour son équipe. Les plus grands fantasmes, José Mourinho en tête, nourrirent les médias Français et internationaux, mais c’est bien Laurent Blanc, alors désigné comme le quatrième choix du président, qui arriva au Camps des Loges, le jour de la reprise.

Mais ce que le champion du monde 98 perdait en légitimité aux yeux de certains, il le gagnait en soutien de la part du président Nasser qui, apprenant de son erreur liée à la mauvaise gestion du cas Ancelotti, n’eut de cesse de répéter pendant les trois années de règne du coach Blanc : confiance et soutien total envers l’entraineur.

Une décision qui donna raison à l’homme fort de Doha, avec pas moins de onze trophées glanés sur le territoire national par Laurent Blanc et ses troupes, et quelques moments de grâce sur la scène Européenne.

Une répartition des rôles lisible et sans faille entre les deux hommes, marquée par des prises de positions solidaires et à l’unisson sur la gestion de certains cas épineux, dont les affaires Aurier, puis Zlatan et Cavani dans une moindre mesure.

Une association idyllique qui pris du plomb dans l’aile un soir d’avril 2016, où l’avenir Européen et le statut du club pouvait prendre un nouvel essor. Moment choisi par Laurent Blanc pour « tenter » un coup de poker en réponse à de nombreuses absences au sein de son groupe. Mal lui en a pris…

Prise de risque que peu comprirent, et moi le premier qui pourtant n’aura eu de cesse de soutenir et apprécier le travail du Cévenol, marquée par un cuisant échec et une sensation d’arrêt, voir de cassure dans la dynamique parisienne.

La suite, on l’a connait, limogeage du Président par son Président (gare à toi footix si tu ne comprends pas) et remplacement par Unai Emery sur le banc.

A 2-1 pour le président Nasser et sa volonté de changement désormais prise, nous saurons bientôt s’il deviendra l’homme des matchs nuls (2-2), ou des grandes victoires (3-1). L’homme du présent, ou déjà l’homme du passif…

Auteur : Mathieu Jabaud

Mathieu Jabaud fonde « Les Audiences Consolidées » en 2017 dans le but décrypter, accompagner et transmettre son expertise et ses expériences liées aux médias et à la communication. Parmi ses clients : des chaînes de TV (Cnews, NRJ12), des écoles de commerce (Sup de Pub, EFAP, ISEG, Inseec), des universités (Paris 8, UPEC), des personnalités issues du monde médiatique, sportif et politique. ———————————————————————————————————————————————————— .Responsable de la communication du groupe Endemol France (2013-2017) .Chargé de Communication et Marketing à la Fédération Française de Judo (2006-2013) .Diplômé d’un MBA de Management du sport .Licence et Maîtrise Management et Commerce .Ecole hôtelière Paris

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