[Interview Stéphane Rotenberg] « Deux modifications de mécaniques fondamentales, qui changent beaucoup de choses… »

Demain soir et après quatre ans d’absence, l’une des marques les plus emblématiques du PAF, et pionnière des jeux d’aventure s’il en est, fera son grand retour à la télévision. Si les fondamentaux du format ont été maintenus, M6 et Stéphane Rotenberg ont souhaité y apporter de nouveaux twists, avec pour objectifs précis : favoriser le suspense et challenger les candidats, qui plus que jamais, devront faire montre de courage, persévérance et ingéniosité. Interview.

Comment s’est opéré le grand retour de Pékin Express ?

C’était dans les cartons depuis quelques temps déjà. M6 avait gardé le format en magasin, en renouvelant l’option chaque année pour empêcher que l’émission parte à la concurrence.

Cela fait un ou deux ans que l’on sentait que ça allait redémarrer. Nous avons eu le feu vert lors des 30 ans de la chaine en 2017, et il nous a fallu ensuite le temps de tout préparer, faire la route etc.

Voiture interdite et duel final

Pékin Express revient après quatre années d’absence, à quoi va ressembler cette version 2018 ?

On ne change pas une équipe qui gagne donc nous avons bien entendu gardé les fondamentaux, un euro par jour, des binômes, 10 000km etc. Mais il est vrai que l’on a fait deux modifications de mécaniques fondamentales, qui changent beaucoup de choses. Il y désormais un panneau « voiture interdite ». Lorsque des concurrents qui seront en voiture seront arrêtés par ce panneau, ils devront changer de moyen de transport et abandonner leur voiture si chèrement acquise et trouver un moyen de transport local, comme des trolleys, des « tuc tuc », des pirogues, des vélos, des trains etc. Cela veut dire que tout peu changer d’un coup avec le risque d’être rattrapé par des concurrents. Ça a changé beaucoup de choses sur la course.

La seconde règle qui change tout, c’est le duel final. Avant, lorsque vous étiez dernier d’une étape, vous étiez éliminés, sauf si l’étape était non éliminatoire. Cette fois, il n’y a que les premiers qui ne sont pas éliminés. Désormais, à l’arrivée d’une étape, c’est le couple arrivé dernier, qui va choisir un binôme adverse, pour un duel final très court où se jouera l’élimination. Ça change tout et cela veut dire que la seule manière de ne pas être éliminé à coup sur, c’est de gagner. Ça change beaucoup dans l’esprit des candidats.

L’aventure c’est de mettre des gens loin de leur univers de confort et de découvrir des choses

Quels sont les clés d’un bon jeu d’aventure ?

Pas facile… Il y a beaucoup de versions différentes, parce que l’aventure c’est de mettre des gens loin de leur univers de confort et de découvrir des choses. Mais vous avez mille manières de faire.

Pékin Express c’est deux rythmes. Il y a une frénésie de courses, et puis le calme et la douceur de la découverte d’une culture. C’est rare d’avoir un programme qui est sur deux univers, souvent les émissions sont monolithiques, là c’est ce qui fait la force de « Pékin » évidemment.

Ensuite il faut bien sûr une bonne mécanique. La mécanique est la chose la plus importante, au-delà des candidats sans doute même. Si vous avez une bonne mécanique, vous pouvez durer 25 ans.

Dans Pékin Express, on peut tous se dire « je pourrais le faire »

Quel est le profil du candidat idéal ?

Il n’y en a pas mais il existe en revanche le profil du casting idéal. Et c’est justement d’avoir tous les âges ou presque, cette année c’est 22 à 80 ans. Tous les types de liens dans les binômes aussi. Il ne faut pas avoir huit fois des frères et sœurs par exemple. On essaie toujours d’avoir des liens très différents, père-fils, patronne- employés, meilleurs amis. Lorsque l’on regarde un talent show, on ne peut pas forcément s’identifier aux candidats car on ne sait pas tous chanter. Dans Pékin Express, on peut tous se dire « je pourrais le faire » si on aime voyager et découvrir. C’est le principe de l’identification d’un candidat. Tout le monde peut faire Pékin Express.

Le jeu d’aventure est un genre noble, difficile, et compliqué à faire.

Pékin Express est un précurseur dans les jeux d’aventures. Aujourd’hui toutes les chaînes selon leur ligne éditoriale possèdent leur propre jeu, de La carte aux trésors, à The Island, en passant par A l’état sauvage, Moundir et les aventuriers, friends trip et Koh Lanta bien sur… pourquoi cette tendance pour les jeux d’aventure ?

Il y a tout de même peu de chaîne qui ont les moyens de s’offrir de gros jeux d’aventure. C’est un genre qui est compliqué à cause de la logistique.

Aujourd’hui c’est un genre de télévision qui finalement, a toujours existé dans l’histoire de la télévision mais qui fait peur également. Car c’est compliqué d’envoyer des équipes loin, mais ça marche, donc les chaines en demandent de plus en plus. Le jeu d’aventure est un genre noble, difficile, et compliqué à faire.

Nous avons 1500 heures de rush, c’est une mine d’or !

Comme intègre t-on le digital dans un format historique comme Pékin ?

Personnellement je démarre juste sur Instagram pour vous dire à quel point je ne suis pas en avance… Côté production nous sommes 120 personnes sur place, nous tournons avec des gros moyens. Il y a 17 caméras, de grosses équipes de son, de logistique, donc nous sommes encore dans la lourdeur en terme de captation. Les paysages sont tellement beaux, que nous préférons tourner à l’ancienne, même si les financiers aimeraient surement alléger tout cela. Ce n’est pas encore demain que l’on fera Pékin Express à l’Iphone, mais cela viendra peut-être un jour qui sait…

En revanche dans la diffusion, au-delà du prime time, nous allons fractionner un maximum de contenus pour créer des bonus, il y aura beaucoup de vidéos sur 6play, nous avons 1500 heures de rush, c’est une mine d’or ! Nous allons pouvoir alimenter facebook, instagram, il y a matière à y être largement présent.

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Auteur : Mathieu Jabaud

Responsable de la communication du groupe Endemol France (2013-2017), et aujourd'hui consultant, Mathieu Jabaud évolue au cœur des enjeux stratégiques liés à l’audiovisuel, aux médias et à la communication. Observateur avisé de l’Entertainement depuis la création d’un contenu jusqu’à sa diffusion, en passant par la gestion de talents et la promotion 360°, il fit ses premiers pas dans le marketing sportif à la sortie d’un MBA en 2006. Egalement diplômé de l’école hôtelière et d’une maîtrise management et commerce, il acquit d'enrichissantes expériences dans les secteurs du tourisme et de l’animation. Tout à sa volonté de « décrypter, accompagner et transmettre », il crée en 2017 « Les Audiences Consolidées», offrant à ses clients et réseaux, analyses, conseils et conférences, sur ses thématiques de prédilections.

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